Elkis qui était à présent légèrement devant les deux autres se précipita sur la porte de l'auberge et frappa des grands coups de son poing puissant. Méryl lui, se rua sur l'une des fenêtres pour voir à travers, mais la poussière était abondante sur la vitre, on pouvait toutefois apercevoir de la lumière.
Sinas lui, avait toujours son arc à la main. Il le leva, tendit son bras gauche pour l'aligner parfaitement aux deux flêches -qu'il avait retiré de son carquois quelques minutes auparavant dans la forêt de Péonale- placés sur la corde, et visa la bête qui était à une trentaine de mètres d'eux. Il se concentra pendant une seconde, puis lacha la corde. Les deux flèches transpercèrent la poitrine du démon. Il tomba violemment en arrière, sur l'herbe mouillée, mais aucun cri de douleur n'était sorti de sa gueule.
Les deux autres restèrent bouche bée pendant un court instant, puis Elkis prit la parole :
-Pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt? dit-il avec le sourire aux lèvres.
-Il n'est pas mort. lui répondit l'elfe. Les flèches humaines ne peuvent le tuer, mais elles peuvent l'immobiliser pendant un instant.
-Il n'a pas même murmuré une plainte de douleur, fit remarquer Méryl pour lui même.
-C'est normal, il n'en ressent pas.
-Et bien qu'est-ce-qui le tue? insista le falan.
-Les armes magiques. Mais le temps n'est pas au bavardage. Trouvons un abri immédiatement avant qu'il ne se réveille.
-Mais si les flèches humaines ne lui font rien, pourquoi est-il assommé? Elkis s'était rapproché de l'elfe pour mieux voir la créature immobile.
-Mes flèches ont traversé sa poitrine, c'est là son point faible, avec de la chance on peut le calmer pour quelques minutes. Et c'est ce qui s'est passé, donc nous ferions mieux de déguerpir sur le champ.
-Pour aller où? demanda Méryl qui s'était lui aussi rapproché pour mieux observer la bête inanimée. J'ai l'impression que l'auberge est vide et si tu désires avoir mon avis, tout le village m'a l'air désert, regarde les maisons, pas une seule est éclairée, pourtant il n'est pas énormément tard, regarde la position de la lune.
-Et bien je n'en sais rien -l'elfe regarda par la fenêtre de la taverne- mais si cette auberge est éclairée, il doit bien y avoir de la vie à l'intérieur!
-Bon très bien, alors je proposerai de briser cette fenêtre, et de sauter à l'intérieur. Mais j'entre le premier, au cas où des fourmis mangeuses d'hommes et d'elfes nous attendent bien au chaud avec une chope de bière dans une main et une pipe dans l'autre, dit le falan d'un sourire ironique.
-Ha haha! s'écria Méryl. Tu as peur que la bête se réveille et qu'elle te dévore le premier? Personnellement, je ne pense pas que n'importe qu'elle créature ne s'attaque à un être comme toi, sauf si celle-ci préfère l'excès de pilosité à la chair fraîche!
-Raah ne bafouilles pas homme des cavernes! Tout ce que tu sais faire de ton épée, c'est décrocher les noisettes des arbres et t'en servir de couteau pour couper ta viande!
-Bon, -soupira l'elfe- et bien moi je vais m'éloigner avant que votre ami se réveille.
-Et bien vas-y Elkis, brise cette fenêtre, continua Méryl. Si tu meurs ensanglanté avec des morceaux de verres dans la peau et dans les yeux, je n'oublierais pas de faire une minute de silence en ton honneur, et je raconterais au monde que tu es mort aplati par des centaines de trolls, ce sera une mort plus digne et courageuse, on te verra comme un héros.
-Et bien je te laisse l'honneur et la grandeur de briser cette vitre Seigneur Méryl des cavernes, et si tu meurs planté par des morceaux de verres dans la peau et les narines, je n'oublierais pas d'uriner sur ton cadavre et de...
A cet instant, un grincement émergea derrière leur voix. Ils se retournèrent et virent que la porte de l'auberge était entrouverte, et qu'un vieil homme barbu et maigre se tenait là, debout et tordu, les cheveux longs et gris, une canne blanche à la main droite et qu'il leur faisait des signes de sa main non occupée.
-Entrez donc, dépêchez vous! leur murmura t-il.
Les trois voyageurs se hâtèrent de suivre le vieil homme qui referma la porte derrière eux. Des poutres en plus de la serrure servaient à bloquer la porte. Sinas et Méryl se proposèrent d'aider le vieillard à placer les poutres sans bruit, pour ne pas que le monstre, s'il s'était réveillé, entende leur présence.
Elkis lui, regardait la salle : une vingtaine de tables rondes parsemaient la pièce dont une dizaine était fracassées et la plupart des chaises étaient retournées et pliées en deux. Les tableaux aux murs avaient été arrachés et s'étalaient par terre avec des assiettes et des chopes brisés. Des couverts inondaient la pièce. Seul le bar au fond était en état. L'elfe et l'homme s'aperçurent à leur tour du désordre de la salle et regardèrent d'un même geste vif le vieillard qui traversait la pièce en balayant les objets sur son passage avec sa longue canne blanche. Ils le suivirent délicatement en essayant de ne pas se prendre le pied sur un objet pointu. L'aubergiste les conduisit hors de la pièce, dans un couloir sombre, qui menait à une porte délabrée. Il poussa la porte de sa canne et descendirent l'un derrière l'autre un escalier étroit en colimasson, de pierre brute creusée par le temps, qui menait à une petite cave humide et sale. Deux lampes éclairaient très légèrement la pièce. Des barils de vin et de bière en grand nombres était placés sur le sol frais, de long en large, et une odeur de nourriture avariée dominait les lieux. En effet, dans un coin de l'auberge, un grand vide-ordures en bois pétrie était rempli de déchets de nourriture gaspillée et de tout autre détritus imaginable dans une boîte-à-ordures. Au dessus des barils de vin se tenait une étagère où s'alignait un stock de chopes, d'assiettes, et de couverts en bois rangés perpendiculairement. Ils marchèrent encore jusqu'à un tournant. Ils y découvrirent un petit empiècement carrée, beaucoup plus petit que la salle des stocks, froide, vide et poussiéreuse.
Une petite fenêtre à barreaux laissait entrer les rayons de lune qui éclairait faiblement la pièce sombre. Un homme était assis adossé au mur, assoupi, les vêtements sales et dégoûtants.
Il portait un court manteau ouvert à capuche marron claire, une chemisette grise avec trois boutons ouverts au col qui laissait voir sur sa poitrine blanche un cordon noir qui joignait une amulette métallique plate : une pyramide accrochée à deux cercles, un pantalon serré noir et déchiré par endroit et des bottes en cuir marron foncé. Son visage était à moitié cachée par sa cagoule, mais on apercevait une légère barbe brune naissante, de fines lèvres souillées et une cicatrice rougeâtre et brillante sur la joue droite.
-Qu'est ce que cela veut dire? demanda Elkis au vieil homme.
Le vieillard le regarda, puis s'avança vers l'endormi et dit à haute voix :
-Réveilles toi, nous avons de la visite.
L'homme ouvrit les yeux et les leva vers les trois compagnons.
Ps. La photo n'a rien à voir avec la pièce du récit, mais pas trouvé mieux.Pss. La suite a déjà était écrite, et elle est longue, mais il n'y a plus de raisons de la mettre sur ce blog.